Summer School d’Eurordis

Olivia Romero-Lux, membre du comité exécutif du Consortium européen pour l’hémophilie (EHC) et adhérente de l’AFH, a eu l’occasion et le grand plaisir d’assister à la Summer School1 organisée par Eurordis2. Elle nous dresse les grandes lignes du programme et les raisons pour lesquelles elle estime que l’AFH doit continuer à souscrire à cette initiative.

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Former les représentants des patients à l’Agence européenne du médicament

C’est Thomas Sannié, président de l’AFH, qui a, pour la première fois, parlé de la Summer School d’Eurordis à Olivia pour lui suggérer d’y assister. Olivia a, tout d’abord, hésité sur la pertinence de sa présence à cette formation de quatre jours, mais elle en est revenue pleine d’enthousiasme et avec un ressenti très positif.
La Summer School d’Eurordis est un programme co-financé par les institutions européennes et par l’AFM Téléthon.
L’idée est de former des représentants des patients afin qu’ils siègent à terme dans les différents comités de l’Agence européenne du médicament (EMA). En effet, plusieurs comités de cette agence prévoient la présence de tels représentants des patients (voir tableau), afin qu’ils donnent leur point de vue sur des problématiques telles que les essais cliniques, les autorisations de mise sur le marché, les médicaments destinés aux enfants, etc. Toutefois, ces comités sont souvent extrêmement techniques. Dans cette optique, Eurordis offre une formation qui aide les représentants des patients à comprendre tout le processus d’élaboration et de commercialisation des médicaments. Par exemple, la formation présente aux participants les différentes étapes des essais cliniques, la méthode d’évaluation de la qualité des données et des résultats générés par de tels essais, et la façon dont les médicaments sont évalués en matière d’efficacité et de sécurité avant d’obtenir une autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne.
Comprendre le processus de développement et de commercialisation des médicaments

La dernière édition s’est tenue à Barcelone (Espagne) et a rassemblé près de 40 participants venus de l’Europe entière. Les présentations ont été réalisées par des membres des différents Comités dont le COMP, le CHMP et le PDCO, ainsi que par des représentants d’autres institutions relatives à l’évaluation des technologies de la santé (HTA) comme le National Institute for Health and Care Excellence8 (NICE), et aux statistiques, comme Eurostat. Les questions d’éthique ont également été abordées.
« Ces quatre jours m’ont ouvert les yeux. Cela m’a permis de comprendre le processus de développement et de commercialisation des médicaments. C’est une étape indispensable pour tout bénévole comme moi car elle permet de naviguer dans un système pas toujours facile à appréhender », déclare Olivia.
Elle ajoute qu’elle a mieux cerné les pressions que l’industrie peut exercer sur les autorités de régulation au moment de la présentation des dossiers d’évaluation. Elle note aussi que le rôle et l’impact de l’industrie sont plus importants que ceux des groupes de patients dans la mesure où, par exemple, les opinions émises par ceux-ci au sein des comités de l’EMA ne sont formulées qu’à titre consultatif.
La formation a été précédée d’une conférence sur internet, au cours de laquelle les participants ont reçu des informations sur le contenu et l’organisation du programme. Ces mêmes participants ont également pu suivre une conférence par internet suite à la formation afin de recueillir leurs impressions et voir comment améliorer le séminaire.
Les médicaments autorisés dans toute l’Union européenne mais pas forcément commercialisés partout

L’un des exposés les plus intéressants concernait le HTA _ d’autant plus intéressant que les produits à demi-vie prolongée sont sur le point d’être évalués. Autre découverte : l’autorisation de mise sur le marché centralisée donne le feu vert au laboratoire pour commercialiser le nouveau produit dans toute l’Union européenne mais ne l’oblige en aucun cas à le commercialiser dans les 28 États membres, ce qui limite l’accès au traitement à tous les patients européens.
Par ailleurs, Olivia a remarqué que l’hémophilie se limite en pointe par rapport à d’autres maladies rares en matière de disponibilité des traitements et d’expertise médicale et scientifique. Contrairement à d’autres pathologies, l’hémophile a des traitements à sa disposition. Toutefois, la communauté doit faire face à d’autres problèmes, notamment la mise à disposition des produits de façon durable et dans tous les pays.

Si vous parlez anglais, lancez-vous !

Pour finir, Olivia invite instamment tous ceux qui le souhaitent à postuler auprès d’Eurordis pour assister à cette formation, car elle fournit à ceux qui ont l’intérêt des patients chevillé au corps des outils qui leur permettront de remplir leur mission de façon plus efficace et d’étendre leur réseau d’influence. Néanmoins, pour garantir une participation active et une compréhension exhaustive des thématiques abordées, il est indispensable de maîtriser la langue de Shakespeare !

Mise en ligne le 28 septembre 2014 par Laura Savini

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